Une source judiciaire confie à Flagrant déni : Bernard Reynaud, l’ancien magistrat chargé des dossiers policiers au parquet du tribunal judiciaire de Lyon, « était de par ses fonctions en liens administratifs étroits avec nombre de chefs lyonnais de la police. En particulier, il déjeunait régulièrement avec le commissaire divisionnaire David Picot, chef d’état-major de la police lyonnaise, ce qui suppose quand même des liens d’amitié ». Par ailleurs, l’épouse du policier est, depuis 2020, substitute de la procureure générale de la cour d’appel de Lyon. Elle n’est pas spécialement en charge des affaires policières, mais le service, d’une quinzaine de magistrats, est petit. Ces deux informations prennent tout leur sel quand on se rappelle que le commissaire Picot a été pris en flagrant délit de mensonge à l’IGPN dans l’affaire de la BAC de Lyon… Et que c’est dans cette même affaire que les manœuvres d’intimidation ont été commises contre Flagrant déni. Mais au-delà du cas particulier, le magistrat chargé des dossiers policiers, qui est amené à fréquenter la hiérarchie policière « de par ses fonctions », peut-il réellement les suivre avec impartialité ?
Dépayser ?…
… Ou acheter la paix sociale ?
Méthodo
Parmi les centaines d’affaires de violences policières médiatisées, Flagrant déni n’en a relevé aucune ayant fait l’objet d’un dépaysement tel que celui prévu par l’article 43 alinéa 2 du Code de procédure pénale. Cette procédure semble plutôt réservée à des cas d’affaires politiques très exceptionnelles.
En septembre dernier, nous avons sollicité le parquet de Lyon et le ministère de la justice par courriel pour connaître les statistiques d’usage de cette procédure, dans le ressort du tribunal judiciaire de Lyon et en France. Malgré nos relances, nous n’avons reçu aucune réponse.



