Depuis plus de deux ans, nous martelons une vérité qui a du mal à passer : l’IGPN ne traite qu’un cas de violences policières sur 10. Et pourtant, les chiffres « IGPN » continuent d’occuper la sphère médiatique. Dernier exemple en date fin de semaine dernière. Vendredi, sur C news, le ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin lâche un chiffre : « Violences policières : onze enquêtes confiées à l’IGPN depuis une semaine », pour toute la France. L’AFP reprend la parole ministérielle, et voici ce chiffre qui commence à tourner en boucle : sur le Monde, dans la presse régionale, etc. Ce dimanche, sur BFM, la nouvelle patronne de l’IGPN évoque « 17 enquêtes depuis le 19 janvier ». C’est reparti pour un tour : sur Libé, 20 minutes, etc.
Darmanin privé d’infos
56 saisines de la Défenseure des droits
Dupont-Morretti muet
20 enquêtes, rien que sur Paris
« Degré d’exposition médiatique »
Méthodo :
3 organes sont susceptibles de compter les enquêtes judiciaires ouvertes contre des forces de l’ordre :
– Concernant les policiers, la direction générale de la police nationale a répondu par courriel ce lundi matin ne recenser que les dossiers confiés à l’IGPN, rien sur les dossiers confiés aux « cellules déontologie ».
– Concernant les gendarmes, la direction générale de la gendarmerie, contactée vendredi dernier par courriel, ne nous a pas répondu. L’IGGN peut être saisie, mais ce sont bien souvent d’autres services non spécialisés (brigades ou sections de recherche) qui le sont.
– Concernant l’ensemble des deux corps (police et gendarmerie), seule la justice peut tenir un compte global via les remontées d’information des parquets. Contacté vendredi dernier et relancé hier, le service presse du ministère de la Justice ne nous a pas répondu. Contactés lundi en fin d’après-midi par courriel, les parquets des tribunaux de Bordeaux, Lille, Lyon, Marseille, Nantes et Toulouse ne nous ont pas répondu.


