Comment la justice traite-t-elle l’accroissement de la violence policière ? A cette question de salubrité publique, il est tout simplement impossible de répondre. En 2016, l’ONU s’alarmait déjà de « l’absence de données statistiques [françaises]sur les plaintes permettant de faire une comparaison par rapport aux enquêtes ouvertes et aux poursuites engagées ». Questionné par l’instance internationale en 2017, le gouvernement s’était borné à citer le chiffre de 500 plaintes annuelles. Or ce chiffre, non daté ni sourcé, semble très en-deçà de la réalité. D’après un rapport daté de 2016 qui, bien que non publié, fait autorité en la matière, « chaque année, entre 1 200 et 1 400 personnes sont mises en cause dans des affaires de violences commises par personnes dépositaires de l’autorité publique et transmises à la justice ». L’opacité de l’État empêche d’en savoir plus.
Plaintes contre la police : cachez ces chiffres que je ne saurais voir
Quelques constats et propositions pour en finir avec l’impunité policière, volet 2/3. Les statistiques sur le traitement des infractions policières existent, mais le gouvernement les tient secrètes. En pleine campagne législative, la transparence s’impose !

- illustration de Laffrance
À lire également

« Plus on rapproche l’enquêteur de l’enquêté, et plus on a de problèmes d’indépendance ».

« Si ça avait été moi je t’aurais défoncé »
