La République contre Marianne

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Temps de lecture : 2 minutes Ce lundi 28 novembre à 14h, comparaîtront quatre militantes féministes devant le tribunal judiciaire de Nantes. Prévenue et également victime de violences policières, Marianne témoigne auprès de Flagrant Déni de la partialité des institutions policière et judiciaire.

Illustration de Flagrant Deni

« Liberté, égalité, impunité. Ce sont ces trois mots collés sur un mur le 14 juillet 2020 qui me valent d’être traduite en justice le 28 novembre prochain, avec à la clef cinq ans d’emprisonnement. Je précise tout de suite que je ne suis pas poursuivie pour les collages mais pour des faits présumés de rébellion et violences sur personnes dépositaires de l’autorité publique, qualification retenue pour des faits qui se sont déroulés lors de mon interpellation suite à ce collage. »

Plainte classée sans suite

« L’impunité, c’est ma plainte classée sans suite malgré quatorze jours d’ITT [Incapacité totale de travail] et une enquête IGPN. Les policiers ont été auditionnés sous le statut de témoin, alors que nos vidéos démontrent clairement leur implication dans les violences commises à mon égard. Ces violences sont reconnues par l’IGPN, mais évidemment considérées comme légitimes. »

Liberté, égalité, impunité

« L’impunité pour les agresseurs, c’était aussi le thème de la dernière manifestation féministe qui a rassemblé 80 000 personnes le 19 novembre dernier. Alors je voudrais donner quelques chiffres pour caractériser cette impunité. Ce sont des chiffres issus du ministère de l’Intérieur, notamment du diagnostic collaboratif de septembre 2019 rendu public trois ans après. Ce sont des chiffres aussi donnés par l’Insee. 219 000 femmes sont victimes par an de violences au sein du couple. 80 % des plaintes sont classées sans suite. 90 % des plaintes pour harcèlement sexuel au travail sont classées sans suite. 94 000 viols et tentatives ont lieu chaque année en moyenne. 0,6 % sont condamnés. Il y a eu 122 féminicides en 2021, 121 pour 2022 à ce jour. 65 % des victimes avaient saisi les forces de l’ordre ou la justice. La voilà, l’impunité. Donc je maintiens : Liberté, pour les agresseurs. Égalité, on attend toujours. Impunité, elle a encore de beaux jours devant elle. »

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