Guillotière : la presse perroquet sert la soupe à Darmanin

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Temps de lecture : 2 minutes Festival de « sources proches du dossier », et commentaires sur les commentaires du ministre : la parole policière est la seule à s’exprimer. Faute de travail journalistique sur les faits, les causes du débordement de l’interpellation restent dans l’ombre.

Illustration de FD

Pourquoi la fameuse interpellation du 20 juillet à la Guillotière a-t-elle dégénéré ? Il faut lire les centaines d’articles, interviews, tweets, et autres commentaires publiés en boucle pour comprendre… qu’on n’en sait rien. Pourtant, la « place du Pont » est habituée aux interpellations, c’est le moins qu’on puisse dire. Gérald Darmanin fournit des chiffres qui caractérisent un véritable harcèlement : plus de 100 opérations de police par mois depuis le début de l’année. Une moyenne de 3 par jour, sur une seule place ! La nouvelle brigade de sécurité de terrain (BST) créée en février 2022, a réalisé à elle seule 160 interpellations dans le quartier, en à peine plus d’un mois.

Le lendemain des faits, le « scoop » est dévoilé par le syndicat Alliance et immédiatement relayé par Lyonmag. Sur la vidéo diffusée, on voit trois jeunes hommes et une jeune femme, en petite tenue estivale, en train de se battre au sol. Des gens crient. Un homme en orange est tiré vers le fond de la scène. Ensuite, l’épisode tant commenté a lieu : une grosse baston. On ne distingue aucun brassard « police ». Il faut les commentaires publiés à côté de la vidéo pour comprendre que les trois premiers sont policiers, et que l’homme en orange était en train d’être interpellé.

Policiers sans brassard

Une heure après ces éloquents lanceurs d’alerte, le ministre Darmanin commente, et la presse perroquet reprend en boucle. L’expression de « lynchage » utilisée par Lyonmag est répétée un peu partout (rappelons que ce mot fait référence à la mise à mort d’une personne souvent noire, par la foule, sans procès, et que les deux policiers blessés ont eu 7 et 2 jours d’ITT). Aucun travail journalistique sur les faits n’est réalisé. Les mis en cause interpellés, leurs avocat·es ou d’éventuels témoins ne sont cités nulle part. Seule la voix policière, sous la forme du ministre de la police, du préfet de police, des syndicats de la police, et de l’avocat de la police, est rabâchée partout. Sans surprise, tout ce qu’on apprendra sur le contexte, c’est le passif des mis en cause, les fichiers de police étant mis à contribution pour nourrir la polémique médiatique.

A l’occasion de la visite du ministre de l’Intérieur à Lyon ce samedi, nous suggérons donc deux questions aux dizaines de médias qui tendront leurs micros toujours dans la même direction :

– que montrent les images de vidéosurveillance sur les circonstances de l’interpellation ?

– pourquoi, en dépit du règlement, déjà rappelé au ministre par le Défenseur des droits, les policiers en civil n’ont (semble-t-il) pas mis leur brassard au moment d’interpeller ?

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