Noé, 16 ans, a été blessé au visage par un tir de LBD lors de la manifestation du 7 mars 2020 à Lyon. Résultat : fracture de la mâchoire, 45 jours d’ITT. Saisie de l’enquête, l’IGPN conclut en mars 2021 que le tireur est irresponsable pénalement. Motif ? « Même si le plaignant n’était pas forcément la personne visée initialement », la « jurisprudence constante dite de « l’indifférence de la victime » » s’applique. Quelles juridictions ont rendu cette « jurisprudence » ? Mystère : l’IGPN ne le dit pas. Mieux : vérification faite, la théorie de « l’indifférence de la victime » existe bien en droit pénal… Mais elle signifie exactement le contraire. Les violences sont punissables même quand la victime touchée n’était pas celle visée. Les bases de données juridiques citent de multiples arrêts de la Cour de cassation qui vont dans le même sens.
L’IGPN invente les « victimes collatérales »
Même en droit international de la guerre, le concept est débattu. Mais la justice française classe les dossiers sans sourciller.

- illustration de Valfret
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