Suites judiciaires du 7 mars 2020 : enfin une bonne nouvelle

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Temps de lecture : 2 minutes L’un des policiers présumé avoir tabassé Frédéric Leschiera lors de la manif lyonnaise est mis en cause dans le cadre d’une information judiciaire.

Illustration par Lefred-Thouron

C’est la première bonne nouvelle apportée par la justice dans le dossier du 7 mars 2020 à Lyon. Frédéric Leschiera va être entendu lundi 11 avril par un juge d’instruction, en tant que victime. Une information judiciaire a été ouverte contre un policier identifié, pour violences par personne dépositaire de l’autorité publique. Fait plutôt rare, c’est le procureur lui-même qui a décidé l’ouverture de cette procédure. A Lyon, le dernier cas connu où le parquet a pris une telle décision remonte à près de deux ans. En juin 2020, il avait ouvert une information judiciaire pour le tir de lacrymo ayant blessé un manifestant à la tête. Il faut dire qu’à l’époque, la pression politique sur le sujet était maximale, avec des manifs énormes dans le monde entier contre le racisme d’État et les violences policières. Cette seconde et récente décision du parquet constitue donc une petite victoire. Depuis le départ de Monsieur classement sans suite (l’ancien procureur adjoint Bernard Reynaud), les lignes bougent peut-être enfin un peu ?

La « compagnie départementale d’intervention » en cause

C’est Flagrant déni (à l’époque sous le nom de Comité contre les violences policières), qui avait signalé au procureur les violences subies par Frédéric, militant au syndicat Sud-Solidaires. Sur des dizaines de blessé·es par la police ce jour-là, 6 enquêtes avaient été ouvertes. Les 5 autres ont pour l’instant été classées ou sont en attente de réponse. Frédéric avait été entendu par l’IGPN en juillet 2020. Depuis, malgré les relances de son avocat, il n’avait reçu aucune nouvelle… pendant près de deux ans. Le 7 mars 2020, plusieurs policiers de la compagnie départementale d’intervention (CDI) du Rhône avaient cogné Frédéric à coups de matraque et de pied, y compris sur la tête et quand il était au sol. La scène avait été filmée. La CDI est en quelque sorte une sous-BAC, moins connue mais aux missions assez proches. Ses membres, contrairement aux « baqueux », interviennent en uniforme, et sont d’ailleurs souvent confondus avec les CRS*. La CDI de Lyon est sous les ordres de deux commandants et appartient, comme la BAC, au « service d’ordre public » de la police. Une unité dont, notamment pour le 7 mars 2020, on n’a pas fini d’entendre parler…


* Précision pratique : en maintien de l’ordre, les CRS portent un casque à liseré jaune, les CDI (également appelées CI pour « compagnies d’intervention » dans certains départements), un casque à liseré bleu.

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