Entre le 11 février 2020 et le 17 avril 2020, le Comité contre les violences policières a vu subitement sa boîte mail envahie de centaines de courriels indésirables en provenance de divers sites Internet. Simultanément, entre le 11 et le 14 février, le téléphone portable de l’un de ses membres a été contacté une dizaine de fois par des entreprises qu’il n’avait pas sollicitées. Des faits banals, à deux détails près. D’abord, les appels et courriels malveillants sont arrivés juste après que le Comité a contacté les services de la direction départementale de la sécurité publique (DDSP) du Rhône, de la préfecture et du parquet de Lyon pour les questionner sur la présence d’un policier de la BAC armé d’un LBD à la manifestation du 6 février, alors qu’il était identifié comme l’un des auteurs des violences commises sur Arthur le 10 décembre précédent. A l’époque, le Comité avait publié un communiqué sur le sujet.
Adresse IP gouvernementale
Le procureur saisi
La plainte déposée ce jour par Yannis Lantheaume, avocat au barreau de Lyon, auprès du procureur de la République de Lyon aboutira-t-elle à une enquête sérieuse et approfondie ? En juin 2020, Thomas Fourrey, l’avocat de Arthur, blessé le 10 décembre a appris que l’IGPN avait terminé son enquête. Depuis, il demande au procureur de la République quelle décision il compte prendre (poursuites, classement). Plusieurs semaines plus tard, il est toujours sans réponse. De même, il a fallu attendre exactement trois mois pour que la dénonciation adressée par le Comité au procureur le 19 mars dernier sur la manifestation « carnage » du 7 mars 2020 à Lyon (au moins 26 personnes blessées) soit simplement transmise à l’IGPN de Lyon, pour qu’elle lance (enfin) une enquête. Espérons que cette fois-ci, les services du procureur seront moins débordés…



